Caractéristiques du territoire


 

Localisé entre les aéroports de Roissy Charles-de-Gaulle et du Bourget, le Triangle de Gonesse couvre une superficie proche de 670 hectares. Il est bordé à l’Ouest par la route de l’Europe, continuité directe de l’avenue de Flandre à Paris. Les autoroutes A1 et A3 constituent sa limite Est, peu franchissable (boulevard intercommunal du Parisis, assurant l’accès à l’autoroute, et pont du chemin de Gonesse à Villepinte où passe le bus à haut niveau de service — BHNS — ).
La position du Triangle de Gonesse dans une zone d’exposition au bruit a jusqu’à présent repoussé les pressions foncières sur les terres limitrophes. Aujourd’hui ses 670 hectares représentent un maillon unique dans la trame verte de l’agglomération parisienne, reliant les zones forestières aux grands parcs urbains.
Le Triangle seul permet aujourd’hui la pénétration de terres non imperméabilisées au plus proche de la capitale française et de ses habitants.

Des sols de grande qualité

La métropole parisienne a pris place dans une géographie aux sols de grande qualité agronomique. La Plaine de France est reconnue comme étant la plus fertile de la région dès le Moyen-Âge. Les surfaces riches en limons sont un prolongement de la plaine picarde. Elles étaient cultivées pour alimenter la capitale. L’étalement de la métropole parisienne a eu pour conséquence la disparition des ceintures maraîchères et arboricoles qui alimentaient Paris. Le développement des infrastructures de transport a aussi fortement modifié le site. La ville se diffuse dans les territoires cultivés, le long des infrastructures, enclavant les quelques poches agricoles qui subsistent.
Ces espaces agricoles figurent parmi les zones aux plus hauts rendements de France, derrière la Champagne crayeuse et la Beauce. Les cultures agro-industrielles qui s’y développent (blé, orge, maïs et colza) relèvent d’une politique agricole nationale, voire internationale, et non locale. Leurs modes de production, éloignés des citadins, résistent difficilement aux pressions foncières du mouvement d’expansion de la ville.
Dans un contexte de crise économique qui affecte les productions alimentaires, c’est une opportunité exceptionnelle pour la métropole parisienne de reconsidérer ses franges agricoles. Pour les villes, il s’agit de reconnaître ces lieux de production comme un élément pérenne et consubstantiel de leur développement : des villes européennes comme Milan et Barcelone l’ont compris et le mettent en en oeuvre.

Autour du grand triangle

Espace urbain autour du Triangle de Gonesse

Les franges du Triangle de Gonesse sont majoritairement occupées par des zones artisanales, industrielles et commerciales. Le long de l’autoroute A1 se succèdent trois centres commerciaux entre lesquels sont installés l’ancienne usine de Peugeot PSA Aulnay et le parc d’activités Paris Nord 2, à cheval sur les départements du Val d’Oise et de la Seine Saint-Denis (Gonesse, Villepinte, Roissy-en-France).
Le parc de la Patte d’Oie, ancienne décharge, en limite du site historique où s’est écrasé le Concorde en juillet 2000, scinde la zone industrielle Grande Couture sur la commune de Gonesse et la zone artisanale Haute, sur la commune du Thillay. Au Sud, une partie du Triangle de Gonesse a déjà été urbanisée par la zone artisanale des Tulipes, tandis que le golf de la Vallée Verte, au Nord, sépare les champs agricoles des zones de fret de l’aéroport de Roissy CDG. Les emprises des aéroports eux mêmes n’ont que peu de liens directs avec le Triangle agricole.
Cette carte révèle l’extrême mono-fonctionnalité des espaces qui entourent le triangle, sous forme de grandes plaques non agencées entre elles, séparées par les grandes infrastructures de transport (routier, ferroviaire, aérien). Les seuls espaces mixtes, habités et pluriels, sont représentés par quelques centres villes anciens (en foncé sur la carte) !
Urbaniser une « plaque supplémentaire » dans ce territoire serait un crime. Il existe deux priorités essentielles, lisibles sur la carte :
  1. Recoudre les tissus urbains séparés, leur apporter de la mixité fonctionnelle, les relier entre eux. Les délaissés urbains, dans chaque zone représentée, sont immenses.
  2. Protéger les espaces agricoles et de nature qui subsistent, les conforter dans leur existence, vitale dans une si grande proximité d’infrastructures de transport si importantes (et polluantes).

Grands réseaux de transports ferrés ou collectifs

Le site est directement desservi par un Bus à Haut Niveau de Service (BHNS) qui relie le RER B (connectant les aéroports) à la ligne du RER D.
La ligne de métro automatique 17 Nord en projet dans le cadre du Grand Paris Express devrait assurer la liaison rapide entre Paris et les aéroports du Bourget et Roissy Charles-de- Gaulle. Le projet de gare sur le Triangle de Gonesse, très contestable du point de vue de l’utilisation des budgets publics, n’est pas nécessaire au développement de CARMA. Elle n’est donc pas représentée sur la carte ci-dessus, la ligne 17 empruntant un trajet alternatif.
Toutes les études faites sur les bassins d’emploi et de main d’oeuvre ainsi que sur les déplacements domicile-travail mettent en évidence l’inadaptation des projets actuels d’aménagement et de création d’infrastructures aux besoins des populations d’Ile de France. Une remise à plat du système de transport collectif dans l’Est du Val d’Oise est absolument nécessaire afin d’engager des investissements publics au service des Franciliens.